Transformation du manganèse : comment le Gabon fait évoluer les règles du jeu

Le Gabon franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation économique. Le 20 juillet 2026, à Paris, en présence du Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema et du Président français Emmanuel Macron, l’État gabonais et le groupe Eramet ont signé un protocole d’accord visant à accélérer la transformation locale du manganèse.

Cette signature s’inscrit dans la continuité d’une décision majeure prise par les autorités gabonaises en mai 2025 : l’interdiction de l’exportation du manganèse brut à compter du 1er janvier 2029. Une mesure qui traduit une volonté claire : faire en sorte que les richesses du sous-sol gabonais génèrent davantage de valeur sur le territoire national.

Une nouvelle vision du développement

Pendant plusieurs décennies, le Gabon a exporté une grande partie de son manganèse sous forme brute. Si cette activité a contribué à l’économie nationale, une part importante de la transformation industrielle et de la valeur ajoutée était réalisée à l’étranger.

La nouvelle orientation portée par les autorités gabonaises vise à inverser cette logique en favorisant le développement d’une industrie locale capable de créer davantage d’emplois qualifiés, de renforcer les compétences nationales et d’accroître les retombées économiques pour les populations.

Eramet adapte sa stratégie

Face à cette nouvelle politique, Eramet et sa filiale Comilog se sont engagés dans une feuille de route commune avec l’État gabonais.

Le protocole d’accord fixe notamment un objectif de 700 000 tonnes de minerai transformées localement chaque année d’ici fin 2031. Il prévoit également l’étude de plusieurs projets industriels, dont la modernisation du Complexe métallurgique de Moanda, le développement de nouvelles unités de transformation ainsi que d’autres initiatives destinées à renforcer la chaîne de valeur du manganèse au Gabon. Ces projets demeurent toutefois soumis aux études techniques et aux décisions finales d’investissement prévues par les parties.

Une souveraineté économique qui se construit

Au-delà des chiffres, cette signature traduit une évolution de la politique économique du Gabon. L’objectif affiché est de mieux valoriser les ressources naturelles du pays afin qu’elles contribuent davantage à l’industrialisation, à la création d’emplois et au développement des compétences locales.

En fixant un nouveau cadre pour l’exploitation et la transformation du manganèse, les autorités gabonaises entendent placer la création de valeur sur le territoire national au cœur de leur stratégie de développement.

La signature de ce protocole constitue ainsi une étape importante. Sa concrétisation reposera désormais sur la mise en œuvre effective des projets industriels annoncés et sur le respect des engagements pris par les différentes parties.