La tenue du premier Conseil d’administration de la Gabonaise des Jeux marque une nouvelle étape dans l’organisation du secteur des jeux d’argent, de hasard et de divertissement au Gabon. Au-delà de la mise en place d’un nouvel opérateur public, l’enjeu affiché est celui d’une meilleure maîtrise du secteur, de ses flux financiers et de la valeur économique qu’il génère.
La Gabonaise des Jeux (GDJ) poursuit son déploiement. Créée en décembre 2025 par l’ordonnance n°0011/PR/2025, cette entité publique exerce le monopole de l’État dans le secteur des jeux d’argent, de hasard et de divertissement en République gabonaise.
La tenue de la première session de son Conseil d’administration constitue ainsi une étape importante dans son opérationnalisation.
Réunis sous la présidence du Général de Division Bonjean Mbandza, les administrateurs ont notamment examiné le règlement intérieur du Conseil, le budget de fonctionnement et d’investissement ainsi que le Plan stratégique d’entreprise. Plusieurs décisions ont été adoptées afin de doter la nouvelle structure des instruments juridiques, financiers et organisationnels nécessaires à son déploiement.
Reprendre la maîtrise d’un secteur économique
Derrière cette nouvelle organisation se dessine un enjeu plus large : celui de la souveraineté économique.
La création de la Gabonaise des Jeux traduit la volonté de l’État de disposer d’un opérateur public capable d’organiser et de structurer un secteur qui génère des flux financiers, tout en renforçant son contrôle.
La GDJ est ainsi appelée à assurer plusieurs missions : développer une offre moderne de jeux et de divertissement adaptée au marché national, surveiller le respect de la réglementation par les différents acteurs et centraliser les flux financiers du secteur.
Cette centralisation doit notamment permettre d’améliorer la traçabilité des opérations et de renforcer la lutte contre la fraude et le blanchiment.
De la régulation à la création de valeur
L’ambition affichée dépasse donc la seule exploitation des jeux.
Il s’agit progressivement de faire de ce secteur une activité mieux organisée, mieux contrôlée et susceptible de participer davantage à la création de valeur au niveau national.
Lors du Conseil d’administration, le Directeur général de la GDJ, Roméo Fabrice Nguema Ondo, a notamment insisté sur la nécessité de démontrer la capacité des Gabonais à reprendre un pan de leur économie et à en faire un véritable fleuron national.
Cette orientation rejoint une dynamique plus large de réappropriation de certains secteurs économiques considérés comme stratégiques.
Une étape fondatrice, mais encore beaucoup à construire
La tenue de ce premier Conseil d’administration ne constitue naturellement qu’une première étape.
Les prochaines phases du déploiement de la GDJ permettront surtout d’apprécier concrètement la portée de cette réforme : organisation effective du marché, fonctionnement du monopole d’État, mécanismes de contrôle des opérateurs, traçabilité des flux financiers et, à terme, contribution économique du secteur.
Le communiqué ne fournit pas encore de données sur le chiffre d’affaires potentiel du marché, les recettes attendues pour l’État ou les objectifs financiers de la GDJ. Ces indicateurs seront importants pour mesurer, dans la durée, les résultats de cette nouvelle organisation.
Une chose est toutefois désormais établie : avec la Gabonaise des Jeux, l’État entend faire du secteur des jeux d’argent, de hasard et de divertissement un espace davantage structuré, contrôlé et intégré à sa stratégie de souveraineté économique.